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Parking : passer au 1/4 h sans perte de revenu

La loi

La loi sur la consommation, présentée le 2 mai 2013,  adoptée à l’Assemblée Nationale le 13 février 2014, promulguée par le Sénat le 17 mars 2014, et publiée au Journal Officiel le 18 mars 2014 vise à rééquilibrer les pouvoirs entre consommateurs et entreprises mais aussi à rendre du pouvoir d’achat aux Français et à leur donner les moyens d’être bien informés avant de consommer. Sur le thème « voiture », outre une flexibilité supplémentaire pour changer d’auto-école et résilier un contrat d’assurance auto, la législation encadre désormais la tarification des parkings : « Art. L. 113-7. (Loi sur la consommation) Tout exploitant de parc de stationnement affecté à un usage public applique au consommateur, pour les stationnements d’une durée inférieure à douze heures et payés à la durée, une tarification par pas de quinze minutes au plus. L’article L. 113-7 du code de la consommation dans sa rédaction issue du V du présent article entre en vigueur le 1er juillet 2015 ». Quels sont les impacts pour les professionnels du secteur et notamment pour les exploitants de parking et les collectivités ?

L’impact sur le CA

Aujourd’hui les paliers des grilles sont souvent à l’heure, parfois à la demi-heure, avec ou sans seuil de gratuité. C’est le principe « toute heure commencée est due ». . La contrainte de fixer des prix au quart d’heure impose de modifier structurellement les grilles tarifaires. Pour quels impacts sur le chiffre d’affaires ?

Prenons comme exemple une grille de parking pour laquelle tout stationnement inférieur à 1h est facturée 2€, sans franchise de gratuité, et étudions l’impact sur le CA de 8 véhicules dont la distribution de stationnement est homogène : 2 dans le 1er  ¼h, 2 dans le 2eme, 2 dans le 3eme, et 2 dans le dernier (2222). Avec la grille actuelle, le CA pour ces 8 véhicules est de 8*1h (2€) = 16€. Le 1er réflexe de conversion des grilles qui consiste à diviser le tarif horaire par quatre pour obtenir le tarif au quart d’heure donne : 2€/4 = 50 cts. Les 8 véhicules stationnent 20 ¼h (2*1 + 2*2 + 2*3 + 2*4 = 20) pour un CA total de 20*0,50 = 10€, soit une baisse de 37,5% du CA. Pour combler ce déficit de CA la solution la plus spontanée consiste à multiplier le prix au quart d’heure par un coefficient tel que 20*0,50*x = 16€ à x = 1,6.  Ce qui équivaut à payer 0,50*1,6 = 80 cts par ¼h.

Pour une distribution homogène des durées de stationnement entre 0 et 1h, le prix au quart d’heure est en moyenne 60% plus élevé que la simple division par 4 si l’on souhaite conserver le CA initial ; on note également que les véhicules stationnant moins d’½ heure paient moins qu’avec la grille tarifaire à l’heure. Les mêmes calculs de conversion de grilles projetés sur deux autres distributions de fréquentation de 8 véhicules (3221 et 1223) donnent :

Tableau blog conversion

Impact de la distribution de la fréquentation de 8 véhicules dans la conversion des tarifs au ¼ heure

Les prix obtenus au ¼ d’heure pour conserver le CA varient considérablement en fonction de la distribution de la fréquentation des véhicules. Cette distribution ne sera d’ailleurs a priori pas homogène entre tous les paliers et la complexité de la conversion résidera en partie dans la concordance des points de passage entre les paliers – la solution mathématique pour la conversion sur le palier 1h-2h permettra d’obtenir un prix par ¼h sur ce palier, qui devra être cohérent avec les 3,20€ (4*80 cts) obtenus en fin du palier précédent et calculés de manière indépendante de la distribution de la fréquentation du palier 1h-2h.

Quelle solution entre perte de chiffre d’affaires et envolée des prix ?

Afin de convertir sa grille tarifaire actuelle et la mettre en conformité avec la nouvelle  législation, tout exploitant de parking devra, pour ne pas s’exposer à une baisse incontrôlée de son chiffre d’affaires ou à une augmentation injustifiée de ses prix, faire l’exercice d’étudier les données de durées de stationnement des véhicules. Pour couvrir l’ensemble du périmètre, il devra veiller à prendre en compte la réaction de la demande aux variations de prix (élasticité), mais aussi étudier les contributions des véhicules qui traversent plusieurs grilles de tarification, par exemple une grille jour et une grille nuit, en s’appuyant sur des techniques de Revenue Management. Ses conclusions, à iso-demande, seront a priori indispensables dans le cadre des négociations avec les collectivités pour se mettre en règle d’ici le 1er juillet 2015, et être en capacité de mesurer l’impact sur l’équilibre financier du contrat de DSP.

Pour en savoir plus : http://www.parkingquartdheure.com/

* Les entreprises et les collectivités vont renégocier 1 500 contrats de concessions de parkings d’ici 2015.                                                 Source : http://www.economie.gouv.fr/loi-consommation/mesure/voiture#Parkings

Publié le 12 décembre 2014